La plate-forme de billetterie en ligne Digitick grignote le leadership de la Fnac

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La plate-forme de billetterie en ligne Digitick grignote le leadership de la Fnac

PAUL MOLGA / CORRESPONDANT À MARSEILLE | LE 29/12 À 11:06

La filiale de Vivendi a vendu 35 millions de billets, un chiffre en hausse de près de 30 %.

Après l’inauguration de leur stade, les habitués du Vélodrome ont eu un nouveau cadeau : une modélisation des gradins en 3D qui permet de visualiser le panorama à 360 degrés depuis la place réservée sur le site Web de l’Olympique de Marseille (OM). Cette exclusivité est une des innovations proposées par le dis­tributeur de tickets numériques Digitick pour renforcer sa présence sur le marché de la billetterie culturelle dominé par la Fnac et Ticketmaster. « Notre plate-forme 100 % Web bénéficie du travail d’une cinquantaine de développeurs qui révolutionnent chaque jour ce marché ­traditionnel », fait valoir Christian Séré-Annichini, directeur général.

Pionnier de l’e-ticket

Depuis sa création en 2004, la société pionnière de l’e-ticket a investi plus de 18 millions d’euros en recherche. La vente de billets culturels sur son site couvre une partie de son activité. L’essentiel provient de la gestion des accès aux sites culturels et aux monuments, vendue en marque blanche sous forme d’abonnements en mode SaaS (« software as a service »). Après l’OM, ce sont une centaine de lieux comme le château de Versailles (3,5 millions d’entrées annuelles gérées), la Cité des sciences (3 millions) ou la tour Eiffel (7 millions) qui utilisent les logiciels et les ­équipements de lecture fournis par Digitick pour gérer la vente des billets on et offline, le contrôle d’accès et les reportings de gestion connectés au système d’information de ses clients.

15  % des transactions françaises

« Cette activité fournit un ré­current représentant 85 % de nos revenus », précise Christian Séré-Annichini. L’entreprise a ainsi géré 35 millions de billets l’an passé sur les 200 millions écoulés hors cinéma et a enregistré une hausse de près de 30 %. Les résultats 2014, attendus en mars, devraient suivre la même tendance, qui a fourni 15 millions d’euros de commission à Digitick, représentant 15 % des volumes de transactions en France.

L’entreprise, propriété de Vivendi depuis fin 2010, a quelques idées pour grignoter encore des parts à ses rivaux récemment condamnés pour leurs pratiques anticoncurrentielles : investir de nouveaux terrains tels que le théâtre, accroître la part des événements distribués 100 % en ligne comme récemment le Hellfest, consacré aux musiques extrêmes.

L’essentiel de la croissance future devrait cependant être portée par l’offre mobile, qui s’est accrue de 100 % cette année jusqu’à couvrir 30 % de l’audience de Digitick.com, et des « packs de gestion CRM », permettant une meilleure monétisation de l’audience. « On passe d’un métier de créateur de transaction à une expertise de gestion de ­trafic permettant de prolonger l’expérience client avant et après le spectacle ou la visite », résume Christian Séré-Annichini. Une vingtaine de clients ont déjà craqué pour sa nouvelle offre de gestion.